Interview de Thierry Omeyer
Les gardiens
Ce mardi, la France dispute sa troisième rencontre du championnat du monde, face au Brésil. Un nouveau succès, le 3ème en 3 matches l'enverrait directement en 8ème de finale. Mais les champions du monde en titre, à l’image de leur gardien Thierry Omeyer veulent réaliser le sans-faute d’ici vendredi et la fin des matches de poule.  
 
Le Ciutat de Granollers est ces temps-ci, un hôtel très fréquenté sur les hauteurs de la cité catalane. Les joueurs des équipes du groupe A s’y croisent en permanence et lorsque quelques supporteurs bien inspirés, parviennent à déjouer la surveillance, ce sont d’interminables séances d’autographes et photos qui sont organisées. Bon an, mal an, les Français se plaisent dans cet environnement un peu désordonné et hier au cours du point presse qui agrémente traditionnellement une journée de repos, ils se sont rendu totalement accessibles. Parmi les plus sollicités pour répondre aux questions de nos confrères, deux toulousains, le gardien Daouda Karaboué, auteur la veille d’une excellente prestation face au Monténégro et un des petits nouveaux de la maison bleue, l’ailier droit Valentin Porte, à la fois étonné et ravi qu’autant de médias s’intéressent à lui. 
 
Dans un coin, Thierry Omeyer est en grande conversation avec des journalistes allemands. Le gardien tricolore arbore un large sourire, c’est bon signe avant le grand rendez-vous vendredi, face à la Mannschaft. En attendant, Titi savoure le plaisir d’avoir fait une excellente entrée dans ce mondial, partageant le temps de jeu avec Daouda Karaboué. 
 
Deux matches, deux victoires, doit-on se satisfaire de cette entrée en matière ? 
On ne va pas se plaindre car ce tableau de marche, c’était celui que l'on s’était fixé. On a eu deux matches différents, un plus accroché contre la Tunisie qui a prouvé ensuite qu’elle était une équipe de qualité en battant les Allemands et un autre face au Monténégro où on a pu faire tourner l’effectif. On sait de toute façon, que la phase de poule n’est pas  déterminante. 
 
Avec Daouda, le temps a été bien utilisé…
Oui, on a passé chacun une heure sur le terrain, une mi-temps par match. C’est très bien pour tous les deux de pouvoir prendre de la confiance dans le tournoi, de jouer et comme il y a de nombreuses échéances qui nous attendent, c’est bien de pouvoir tourner. 
 
Comment ça se passe à l’intérieur du groupe ? 
Il y a des petits nouveaux qu’il a fallu intégrer mais ça s’est passé sans problème. Ces jeunes sont faciles à vivre, ils apportent leur fraîcheur, leur enthousiasme, ils savent ce qu’on attend d’eux. Ils sont à 100% à chaque fois qu’on les sollicite.  Le groupe en soi, est à peu près le même. C’est vrai les frères Gille ne sont pas là, ils nous manquent car ils faisaient partie des meubles (sourire). 
 
Maintenant Bertrand joue les consultants à la télé !
Oui, on m’a dit cela. Je suis sûr qu’il fait cela très bien et j’espère qu’il ne nous taille pas (rires). Trêve de plaisanterie, "Bobo" connaît très bien le hand et ses commentaires seront à chaque fois pertinents. 
 
 
Accéder à la plus haute marche, fait toujours partie des priorités ? 
Le public attend qu’on aille très loin donc le degré d’exigence est le même pour nous. On est tous très motivés pour réussir de grandes choses tout en sachant que c’est de plus en plus compliqué. C’est toujours le même défi, même si certaines équipes se sont bonifiées. Cela va être très dur de venir à bout de l’Espagne qui en plus à domicile, devant ses supporteurs, est la favorite du tournoi. La Croatie, le Danemark ne seront également pas loin. Il faut tenir compte que la formule a changé et que nous n’avons plus de droit à l’erreur dès la fin de la phase de poule. Mais, l’envie d’aller très loin est intacte. 
 
Dans ce concert mondial, l’Allemagne a momentanément disparu des radars…
N’allons pas trop vite en besogne ! Certes, ils ont perdu contre les Tunisiens mais ils sont tombés face à un adversaire de qualité, assez atypique avec des joueurs aux qualités physiques qui peuvent surprendre. L’Allemagne peut prendre confiance sur les matches qui arrivent. 
 
Depuis 2007, l’Allemagne n’a plus de résultats…
Ce n’est pas parce qu’elle n’a pas eu de résultats sur les dernières compétitions qu’on doit l’oublier. Il faudra s’en méfier car il y a dans cette équipe, des joueurs habitués à disputer des matches de haut niveau tous les week-ends, je suis bien placé pour les connaître. Sur un match, ils sont capables d’élever leur niveau de jeu et être performants collectivement. 
 
Je viens de parler de 2007, ce n’est pas une année qui vous ravit…
Le Mondial en Allemagne ne reste pas un bon souvenir (c’est d’ailleurs le seul que Titi n’a pas terminé avec une médaille autour du cou), il y a eu de la déception et de la frustration. Maintenant, on ne va pas réécrire l’histoire, on s’en est servi par la suite pour corriger certaines choses et ne pas retomber dans certains pièges. Cela fait partie de l’histoire de l’équipe de France, il faut savoir l’accepter.
 
Malgré l’accroc serbe, pour vous, l’année 2012 a été exceptionnelle…
Oui, avec Kiel, j’ai remporté la Ligue des Champions, le championnat et la coupe d’Allemagne et avec la sélection, les Jeux de Londres. Ça restera pour moi une des plus belles années et c’était vraiment magique de pouvoir vivre ces moments-là. 
 
C’est pour cela qu’il faut que cela continue…
La motivation est toujours là. Nous, les plus anciens qui avons déjà gagné des trophées, on a encore  faim et ce qui est tout aussi important, comme une véritable mission, c’est transmettre aux plus jeunes cette culture de la victoire, cette exigence, cette remise en question permanente comme d’autres l’ont fait pour nous. 
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