Daouda Karaboué, cœur d’ivoire
Les gardiens
Dès qu’il en a l’occasion, Daouda Karaboué met en avant son association pour la promotion du handball dans son pays d’origine, la Côte d’Ivoire. Depuis un an, "DK Cœur Afrique" a lancé un programme ambitieux qui consiste à former sur place, les éducateurs de demain, tout en maintenant un suivi scolaire. 
 
 
Voila plus de quinze ans que Daouda Karaboué promène sa silhouette élancée et ses dreadlocks soigneusement rangées en arrière, sur les terrains de handball de la planète. En équipe de France, sa 1ère sélection remonte à juin 2004 et depuis cette date, excepté une blessure pendant la préparation des Jeux d’Athènes, il n’a jamais raté un rassemblement en bleu-blanc-rouge. Dans le sillage de l’indéboulonnable Titi Omeyer, le fils de diplomate, débarqué à Cannes-Mandelieu de Côte d’ivoire en pleine adolescence, passé par l’Allemagne, la Suisse, Montpellier et Toulouse, a toujours gardé un œil bienveillant sur sa terre natale, où la jeunesse qui représente plus de 80% de la population, est souvent livrée à elle-même et où la pratique de toute activité sportive se fait dans le dénuement le plus complet. «C’était en 2005, se souvient "Doudou", je rentrais d’Afrique en compagnie de quelques amis. Nous avions passé nos journées à arpenter les rues de la capitale et on avait remarqué que les gosses jouaient à même le sol, sans chaussures, dans des conditions très difficiles. Je me suis dit que ce n’était pas possible de rester les bras croisés, que je devais rendre un peu à cette discipline qui m’avait tant apporté et qui m’avait permis d’être ce que je suis devenu. Avec ces mêmes amis, on a donc décidé de créer une association. » Et c’est ainsi que DK (des initiales de son nom) Cœur Afrique est née. Une association sans but lucratif, cela va de soi, destinée dans un premier temps, à équiper les jeunes handballeurs mais qui est vite sortie de son cadre originel et a dépassé les frontières de la petite balle.  
 
« Nous sommes allés frapper à plusieurs portes pour collecter des fonds, explique le gardien de buts international. Et nous avons mené quelques projets dont un orphelinat de plus de 200 enfants et une pouponnière d’une quarantaine de bébés. » Soutenu par des proches comme notre confrère Philippe Pailhoriès, par des joueurs de l’équipe de France et Ibrahim Diaw ou Damien Kabengélé ses potes du championnat de France, Daouda Karaboué foisonne de nouvelles idées et depuis un an, s’est lancé dans une nouvelle mission, intitulée "handball pour tous" qui a pour but de former des joueurs de l’équipe nationale ivoirienne pour qu’ils puissent aller entraîner dans les écoles et les quartiers défavorisés autour d’Abidjan. « Ce programme qui concerne huit communes, recense aujourd’hui plus de 1000 gamins. Dès la fin de leurs cours, ils jouent au handball. L’étape suivante est de sortir du lot, plusieurs jeunes qui intègrent une académie pour qu’ils aient accès à l’éducation par le biais du sport. » Et comme pour toute entreprise d’envergure, l’imminence pour l’association est de trouver de nouveaux partenaires pour mener à terme et à bien ce projet ambitieux. Alors, le gardien toulousain utilise sa notoriété pour faire passer le message. « Quand par exemple, on a lancé l’association, on a profité pleinement de l’essor que prenait le hand. Désormais, nous sommes connus et reconnus et sur place, en Côte d’Ivoire, les autorités sont à l’écoute. Sept ans après, je ne peux qu’être satisfait. » Le handball africain n’existe au plus haut niveau que par ses représentants du Maghreb (Algérie et Tunisie) et l’Egypte qui participeront dans quelques jours au Mondial espagnol. Les pays de l’Afrique noire comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire ont encore un immense retard à rattraper même si déjà, de nombreux joueurs ont franchi les barrières pour bâtir une carrière en Europe et plus particulièrement en France. « Mais ce n’est pas le but, corrige Daouda Karaboué. Notre programme n’est pas basé sur la détection à tout-va. Bien-sûr si parmi ces jeunes ivoiriens, il y a des Nikola Karabatic en puissance, on les encadrera et on leur fera connaître autre chose. Mais l’essentiel, c’est que tous passent par les cases "études" et "formation", et enrichissent d’abord le pays. » 
 
L’exaltation n’a d’égal que la détermination du personnage qui pense déjà à sa reconversion et à l’après-handball. Car à 37 ans (il les a eus le 11 décembre dernier), Daouda Karaboué a d’ores et déjà dessiné les contours de sa retraite sportive, sachant qu’il aura encore plus de temps pour se consacrer à son association. « Je ne vais pas te donner une date précise pour raccrocher les gants mais c’est vrai, j’y pense. J’ai d’ailleurs repris mes études puisque je prépare à Lyon, une licence pro en management des organisations sportives. En mai-juin, je suis en fin de contrat avec Toulouse et je ne sais pas encore quelle sera la suite mais tant que le physique et le mental fonctionnent parfaitement et que je prends du plaisir, je poursuivrai. »  En attendant, le gardien de buts de l’équipe de France s’apprête à prendre part la semaine prochaine, et sauf décision contraire du sélectionneur, à ses cinquièmes championnats du Monde.
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